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« TOP DOGS Magazine »
m'a gentiment autorisé à utiliser une partie de l'article de Joseph
Ortega paru dans la revue n°21(Janvier-Février
2001) consacrée au
Mâtin de Naples. ( Vous pouvez vous procurer la suite de cet article
auprès de ADC Editions - 21, rue de la république - 31620 FRONTON -
FRANCE ).
Voici donc
l'histoire de notre race.
[.] Son histoire remonte au molosse d'Epire dont les
habitants (Les Molosses) sélectionnaient des chiens, qu'on décrit généralement
comme monstrueux et qui étaient utilisés pour la guerre. En 550 avant notre
ère, le roi d'Epire offrit l'un de ses chiens à Cyrus, Roi des Perses pour
qu'il combatte le lion et l'éléphant.
On le retrouve au IVe siècle avant notre ère, auprès
d'Alexandre le Grand pour l'aider à conquérir le monde. On pense qu'il parvint
en Italie vers le 1 er siècle où, très vite, il allait être utilisé pour la
garde. Un observateur de l'époque, Columelle, évoque un chien redoutable
toujours choisi de couleur sombre, pour se confondre avec les ténèbres. Les
jeux du cirque firent de lui le chien de combat idéal, contre les fauves ou les
gladiateurs et il fut largement employé par les légions, comme chien de guerre
semant la terreur dans les rangs ennemis.
Cretimus Ducensis écrira: "on
dresse ces Dogues à mordre l'ennemi avec fureur; ils sont bardés de cuir,
portant un vase d'airain rempli d'une substance résineuse et d'une éponge
imbibée d'esprit de vin. Les chevaux harcelés par les morsures des chiens et
par les brûlures de ce feu qui est très ardent, fuient en désordre"
Les riches Patriciens trouvèrent en lui un cerbère
intraitable, pour protéger leurs riches demeures à la campagne, en particulier
autour de Naples. Le terme "Mâtin" ou "Mastino" est utilisé
en Italie dès 1200, il vient du latin Mausuetus (apprivoisé), Dante
dira qu'il est utilisé pour poursuivre les voleurs: "Mastin agile à
poursuivre les bandits " et en 1400 la description qu'en fait un écrivain
Florentin, Soderini, est éloquente : "II y a des Mâtins
ayant la tête grande et grosse, dont le cou occupe la troisième partie de sa
personne, grande et large gueule, les cils grands, les arcades poilues et
frisées, les oreilles grandes et pendantes, les yeux rouges sont luisants et
vivaces, les aboiements pénétrants et coléreux, poitrails larges et poilus
ainsi que de larges épaules, le cou gros, les jointures des membres longues,
les pieds et les ongles larges".
Pourtant, l'entretien de ces redoutables gardiens était
onéreux et la race périclita, au point qu'elle faillit disparaître. Elle fut
sauvé par les Espagnols, venus d'Aragon, qui occupèrent le royaume de Naples,
de 1442 à 1713. Ils avaient amené avec eux les fameux "Perros de
Presa" (chien de prise), des molosses également très robustes qu'ils
croisèrent avec les quelques Mâtins qui demeuraient dans le Sud de l'Italie,
pour la garde des Mastineria (fermes
fortifiées). Les sujets produits trouvèrent diverses utilisations en dehors de
la garde et on les vit employés par l'aristocratie, comme chiens de chasse pour
le sanglier ou, comme chiens de ronde par les milices privées chargées de
protéger certains quartiers.
Lors des deux guerres mondiales, la race risqua à nouveau
de disparaître et on comprend, que dans les villes, un chien qui avale 1 kg de
viande par jour, n'est pas très indiqué lors des pénuries. Seuls quelques
spécimens furent sauvés à la campagne et en 1946 1ors de l'exposition canine de
Naples, on ne vit seulement que huit sujets, mais qui firent sensation.
Un écrivain, Pietro Scanziani, fut
impressionné par les descriptions qu'on lui fit de la race. Il se rendit chez
les propriétaires de ces chiens, et décida de faire tout ce qu'il pouvait pour
la sauver. N'hésitant pas à acheter les plus représentatifs, il établit un
chenil à Rome, afin de pratiquer une sélection rigoureuse à partir de 1949. Il
devint rapidement le promoteur et l'expert de la race, rédigeant un standard et
encourageant les éleveurs à se passionner pour l'améliorer. Il écrira pour décrire
"Guaglione" un des étalons du moment: "C'était l'un des cents
chiens que Paul Emile ramena à Rome pour son triomphe, c'était le grand chien
de l'Epire, fils des Assyriens, neveu des Tibétains, c'était le Molosse".
La Société canine Italienne, l'ENCI (Ente nazionale
della cinofilia italiana) admit la race.
Les années 70 furent le départ véritable du Mâtin
Napolitain hors des frontières, vers les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique.[.]
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